mardi 26 mai 2009

Mauritanie (Février -Déc 86)

Comme indiqué dans l'article précédent, ceux qui vont suivre seront la "palette de couleurs" qui après amalgame avec le CV "pro-acier" permettra au lecteur (si il a le temps et est intéressé, pas évident ! ) de compléter sa vision. Espérons, une longueur d'avance sur une "hypothétique" entrevue !-------------------------------------------------------------------------------------------------------------Aîné d'une fratrie de 2 (mon frère est vétérinaire), enfance, adolescence, études sans problème majeur. Parents médecins, moyenne bourgeoisie, l'argent est un moyen, non une fin. Education laïque et humaniste, plutôt centre gauche que l'autre côté. Sport : aviron, ni trop ni trop peu. 
C'est important cela forme l'esprit et exacerbe l'esprit de compétition. (il en faut, surtout par les temps qui courent).

-1985 : service militaire effectué (école d'infanterie, officier de réserve), diplôme en poche, le 23 décembre, 19h30, on sonne : télégramme, message comme quoi ma candidature a été retenue pour un poste d'expert associé pour la FAO, à Nouakchott, Mauritanie. départ, 6 février 86 !
 Le père Noël a été généreux ce coup ci, mais aussi résultat d'un lobbying acharné d'une quinzaine de mois. Il faut y croire, pas trop se poser de questions, parfois cela aide.Tiens, au fait c'est où la Mauritane/Nouakchott ? 
Je prends l'atlas, cherche un peu, et la décision est vite prise, let'go. Je voulais partir, j'en ai l'occasion en mains, je partirai, donc !6 février 86, départ pour Rome (ville fantastique), 1 semaine de briefing (premier contact avec le monde des Organisations Int'les), ensuite Dakar (une nuit) et arrivée à Nouakchott un vendredi.

En Mauritanie, comme dans beaucoup de pays à fortes imprégnation islamiste, le vendredi c'est dimanche ! Et donc le samedi matin et bien c'est lundi......et oui c'est comme cela.
Tout est jaune sable, terre, air, ciel ! Première nuit à l'hôtel Oasis (original), chez Mokthar.

Le lendemain, premier contact avec la ville : 100 % artificielle, construite au bord de l'océan, quadrillée, jaunâtre, fourmillant de taxis jaune et vert, de 4 X 4  blancs flambant neuf (les organisations int'les) et de charrettes tirées par de petits ânes (costauds). Cerclée par des bidons villes comptant 10 fois au moins le nombre d'habitants que le centre.
Premier contact aussi avec Abdallah El Féki (AEF), mon chef de projet. Tunisien, la soixantaine, cheveux blancs, dégarni et au milieux du visage deux petits yeux noirs, pétillants de malice qui se dérobent dès qu'on essaie de les capter.

Je vais te montrer le bureau me dit-il. OK allons-y.

En fait "le bureau" est un cagibi  (pas de place pour 2 tables) dans l'arrière cours du MDR (Ministère du Développement Rural) et le personnel, un gentil mauritanien noir, homme à tout faire, secrétaire, planton, homme de ménage, etc. La bureautique: une vieille machine à écrire mécanique, incapable d'aligner les caractères. Le charroi : un vieux Toyota BJ 60, chassis court, moyen de transport rustique mais cause de tassement de vertèbres si elle sont fragiles !

Voilà, nous y sommes. Il m'avait bien semblé que pendant le briefing à Rome, mes interlocuteurs prenaient un air gêné, lorsque je leur posais un question à laquelle ils répondaient : "tu verras bien une fois sur place" et bien j'ai vu et compris !

En fait il n'y avait rien à faire, l'objet de ma présence était tout simplement de doubler l'effectif du projet en ressources humaines càd au total 2 éléments : Abdallah et moi ! 

L'atterrissage a été violent ! Mais qu'a cela ne tienne, "tout ce qui ne m'a pas tué m'a rendu plus fort", disait Nietzsche et c'est ce qu'il s'est passé. Après quelques temps d'acclimatation, au propre et au figuré, j'ai fini par trouver quelque chose à faire :

-Dans un premier temps, la récapitulation de tous les flux d'aides de tout ordre destinés au pays. Impressionnant. A l'époque, en Mauritanie, il n'y avait pas grand chose si ce n'est les mines du Nord, les vestiges archéologiques (poteries etc.) et les ressources halieutiques du Banc d'Arguin. Nouakchott était un résumé de tous les formes de coopération bilatérales (SIDA, DANIDA, ....), multilatérales (FAO, UNDP, OMS, WB, FMI) et une multitude d'ong de tous genres.

-Dans un second temps, la préparation d'un document, d'une méthode, du chemin de croix, qui devrait permettre à tous mauritaniens d'accéder à la propriété terrienne. En fait j'étais tombé par hasard sur l'ordonnance et le décret d'application légiférant en la matière et sous cette forme, je peux assurer que jamais un mauritanien lamdba n'aurait jamais été en mesure de devenir propriétaire ne fut-ce que d'un centimètre carré ! 
Il faut savoir que ce pays représente, à l'ouest du continent, la jonction entre l'Afrique blanche (au nord le Maroc) et noire (au sud le Sénégal). 

Je résume : les Maures blancs sont la classe dirigeante, les seigneurs du désert dont les revenus sont issus essentiellement du commerce et les maures noirs, les esclaves (encore réellement à cette époque) mais aussi les pasteurs et agriculteurs. On comprend donc aisément que de faciliter l'accès à la propriété n'était pas franchement la priorité de l'état.

Le manuel préparé reprend, point par point, les différents étapes administratives pour l'accès à la propriété foncière ainsi que la listes des documents annexes à chaque niveau du processus.

D'après ce que j'en sais, cette méthode serait toujours celle qui prévaux actuellement.























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