La Mauritanie, c'est bien, Abdallah et son infrastructure "légère" aussi, mais il faut penser à la suite.
Je ne voyais pas précisément ce que, professionnellement, cette situation était en mesure de m'apporter en plus. D'autant que l'ami AEF ne semblait pas avoir, dans ses projets, des velléités de réorientations.
Donc à l'occasion du retour annuel dans les foyers, passage habituel au siège à Rome. Je rencontre Mr Saintrain (rep de la Belgique auprès de la FAO), lui expose les faits et il est convenu qu'après les vacances, au lieu de retourner chez AEF, je séjournerai à Rome jusqu'au moment où un autre poste sera identifié. Bonne chose !
Rome, ville fantastique à tous points de vue, les habitants aussi et siège de l'Institution "FAO" sise aux "Thermes de Caracalla" à 200 mètres du Colisée. On imagine, aisément, que c'est un lieu de travail réellement sympa .
Qu'y ai je fais, que cela m'a-t-il apporté ?
-Evidemment, j'ai "visité" l'envers des décors. J'ai pris connaissance de la manière de gérer les projets à la base, du traitement des informations remontantes, des relations financières et de la gestion niveau expertise, avec les pays hôtes. C'est parfois surprenant !!!! et pas toujours conforme à ce qu'on attend...........logiquement. Il semblerait parfois que ce soit la FAO qui soit en position demanderesse et pas le pays hôte, allez savoir ?
-Entre quelques séances de traduction de rapports et documents de projets Français/Anglais et vice versa (c'est un bon exercice, vu l'anglais est incontournable dans les milieux internationaux et dans tous les domaines) j'ai entamé une étude sur les flux d'aides "en nature" octroyés aux pays en voie de développement de l'Afrique de l'ouest. Pour ce faire, examen de tout ce qui concerne les pays en question, contacts avec les représentations locales des donneurs/receveurs et les ministères des affaires étrangères respectifs. Une tâche gigantesque ! Mais qui m'a permis de développer une méthodologie de recherche, l'esprit de synthèse et d"analyse. Il est clair qu'au terme de mon séjour, on était loin d'avoir bouclé l'étude.
Au cours de ces 4 mois, j'ai fait le tour du continent africain, sur papier !
Lundi matin : on a un poste pour toi au Sénégal. OK, j'y vais. Mercredi matin, le Sénégal, on abandonne, OK. Ce sera le Zaïre, OK. Vendredi, non, plutôt le Burundi, etc, etc.
La dernière étape: un jour un des directeurs proche de la retraite me propose l'Ethiopie ou Madagascar et avant que je réponde, me demande si je parle Anglais ? Puisque c'est le cas, je lui dis oui. Va pour l'Ethiopie alors. Mince !!
Penaud et contrit, j'ose à peine lui faire part du fait que si il n'y voyait pas d'inconvénient majeur, Madagascar je préférerais quand même et de me répondre: "tu veux aller à Madagascar, et bien vas-y !
Les 23 années suivantes de mon existence (je le sais maintenant) venaient de se sceller, une fin d'après midi, à Rome, dans le bureau de Mr Hans Braun, directeur de la division AGF, à 2 mois de sa retraite et au début de ma vie professionnelle.
Détails croustillant: si la température dépasse un certain niveau dans les bureaux, 30 ou 32°c (?) le personnel subalterne est autorisé à rentrer chez lui !!!!!
On ne rencontre plus dans le bâtiment que les cadres, chemise ouverte, manches remontées, le visage dégoulinant de sueur ou rivé devant le ventilateur, les documents collés aux bras.

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